Le Dr Khaled Abdeslam* à InfoSoir :
A Bhttp://www.djazairess.com/fr/infosoir/166754Publié dans Info Soir le 21 - 05 - 2014
InfoSoir : Que pensez-vous de cette nouvelle mesure ?
Le Dr Abdeslam : Pour l'instant on n'a pas beaucoup de précisions sur cette mesure. Mais par principe je dirais que c'est une mesure populiste plus que pédagogique. C'est une dérive parmi les dérives de l'école nationale. Elle n'est pas initiée d'une réflexion évaluative de la qualité des bacheliers qui méritent d'être admis. Et puis, par expérience en tant que membre et président de plusieurs commissions de délibération, tous les élèves ayant des moyennes 9,99 et 9,98 sont rachetés et admis automatiquement par le logiciel du baccalauréat. Alors pourquoi on cherche à en racheter d'autres ?
Serait-ce une stratégie politique pour calmer la colère des jeunes après les quatre semaines de grève ?
Nos jeunes ont besoin d'apprendre de leurs parents et de leurs enseignants les valeurs de la rigueur, de l'effort et de la compétence. Il est aussi important de leur inculquer que la réussite n'est pas un droit à revendiquer mais un mérite à prouver par l'effort et le travail. On n'a pas le droit de leur apprendre la médiocrité ou les habituer à se comporter comme des enfants gâtés. En effet je pense que c'est une réaction pour calmer les esprits dans un contexte politique électoraliste sensible.
Les inconvénients et les avantages de cette mesure sur le plan pédagogique ?
Ses inconvénients sont la dévalorisation du Baccalauréat Algérien, le laxisme des mesures de surveillance de la session du rattrapage et l'instauration de la culture populiste au sein de l'école nationale au moment où on a besoin d'insister sur la qualité de l'enseignement.En terme pédagogique, le rattrapage est une mesure qui peut être adoptée pour donner une deuxième chance à des cas qui n'ont pas pu avoir la moyenne /10 pour des raisons bien précises et dans un contexte général peu favorable. Il faut toutefois préciser que scientifiquement parlant il n'y a pas de différence significative entre ceux qui ont un 10 et ceux qui ont un 9,98 ou 9,97. Ce n'est qu'à partir de 9,95 que la différence s'installe. De telles mesures exigent un débat pédagogique et scientifique ouvert aux spécialistes et qui devrait toucher tous les sujets liés au secteur de l'éducation et éviter d'annoncer des mesures réactionnelles ou politiciennes.

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